Anne's profileL' Amitié au Temps !!! O...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    April 23

    Carrosse ou corbillard pour ramener Ingrid Betancourt ?

     

      L’affaire Betancourt est simple dans son motif. Une prise d’otage par un groupe terroriste constitué dans les années de poudre, en 1964, dans un contexte politique et idéologique précis, qui du reste nous vaudra dans les années 1970 la bande à Baader, les Brigades rouges et chez nous Action directe. Les Farc sont encore présents. Leur combat est désespéré, leur fin semble proche ou, du moins, leur lente agonie. S’ils sont encore opérationnels, c’est pour diverses raisons et notamment la bienveillance des nations développées sur les trafics d’armes et de drogue avec l’appui de quelques réseaux financiers off-shore qui ne seront pas inquiétés. Ingrid Betancourt n’est pas française à l’origine, mais colombienne. Sa nationalité, elle la doit à un mariage avec Fabrice Delloye en 1981, avec lequel elle aura deux enfants puis duquel elle divorcera en 1990. Elle commencera alors une carrière politique en Colombie, au ministère des Finances, puis en étant élue députée en 1994 et ensuite en créant son parti en 1998. En 2002, alors qu’elle se présente aux élections présidentielles, elle est enlevée par les Farc après avoir pris des risques assumés pour soutenir le maire de San Vincente del Caguan, membre de son parti, défiant les avertissements du gouvernement sur la présence de guérilleros. Bref, un remake en vrai de La Chevauchée fantastique, sauf que les guerilleros des Farc sont mieux préparés que les troupes de Geronimo.

      La suite est connue. Cette affaire qui aurait dû rester colombienne est devenue un enjeu national pour des raisons simples, la nationalité (double) d’Ingrid ; puis un ensemble d’intérêts politiques et d’affections se trouvant en connivence ; si bien que la France a mis un point d’honneur à délivrer cet otage en montant les médias et l’opinion publique pour une cause commune et structurante, de quoi démentir René Girard pour qui seuls les boucs émissaires seraient source de cohésion d’un ensemble social. Les proches sont sincères. On ne peut leur faire de procès d’intention. Le reste, c’est une orchestration de la bonne pensée française, médiatique, politique, une cause devenue nationale, qu’on peut juger comme un produit de la sphère politico-émotive ; celle avec laquelle sait jouer Sarkozy ; notre président essayant de jouer une partie gagnante comme avec les infirmières bulgares. Sauf que des grains de sable sont dans la machine et qu’une fois le président impliqué dans cet engrenage, il ne sait plus comment en sortir, ayant misé son volontarisme dans une cause qui, pour être honnête, n’aurait jamais dû dépasser les frontières de la politique sud-américaine, Ingrid Betancourt ayant quitté la France en 1990 et signé son destin dans son pays d’origine. Nul ne sait s’il y a une erreur politique de la part de la France. Les dieux tolèrent-ils l’ingérence ? Une ingérence qui a donné à cet otage une valeur plus grande à monnayer, un moyen pour exister, puis être sous les projecteurs pour un deal de la dernière chance ; un sursaut d’honneur des Farc qui, se sachant condamnés, savent pertinemment qu’en ne reculant pas face à cette médiatisation et cette implication de la France auront gagné leur dernière bataille à la Pyrrhus, retenant jusqu’au bout celle qu’une puissante nation a tenté de sauver. On comprend comment les paroles de Sarkozy sonnent bien vaines et dérisoires, appelant au sentiment d’humanité des Farc qui savent pertinemment que quelques dirigeants occidentaux ont un mental à la Eichmann et ne rechignent pas à sacrifier des milliers d’enfants pour quelques intérêts stratégiques, comme Madeleine Albright qui justifia les conséquences désastreuses de l’embargo économique contre l’Irak en 1996, jugeant que c’était le prix à payer pour faire plier Saddam. Un propos qu’elle dira regretter dans sa biographie.

      Le sort d’Ingrid Betancourt est tragique. Sans doute est-il symptomatique du monde violent où l’on vit et des parties géopolitiques s’y déroulant. Son destin semble être calqué sur celui de Jaurès ou Jean Moulin. L’ultime tentative du président Sarkozy et son expédition arche perdue ne devrait rien y changer. D’ailleurs, la France a semble-t-il instrumentalisé le cas Betancourt pour une moitié de nationalité inscrite sur un passeport (le chacal Mamère en a d’ailleurs fait un thème de campagne municipale). Ingrid aurait été pure colombienne que nul n’en n’aurait parlé et qui sait si elle ne serait pas libre maintenant. Son aventure récente symbolise le patriotisme français. Mais toutes les nations sont patriotes, dans l’antichambre du nationalisme, que quelques-unes ont franchie. Que dire de plus ? Les histoires d’amour finissent mal, chantait Catherine Ringer. Les histoires de pouvoir finissent mal aussi. Un coup on gagne, un coup on perd. On ne traite pas avec les Farc comme avec la Libye, Etat constitué, certes dictatorial, mais doté de rouages avec qui on peut négocier. La mort d’Ingrid Betancourt signera alors, une fois de plus, un sens sur cette haine qui, cristallisée en quelques factions, anime les uns et les renforce dans leur combat jusqu’au-boutiste. C’est d’ailleurs le problème pour tous les foyers terroristes et sectaires. Ils tirent leur force de leur haine, mais leur triomphe, s’il y a, est passager et ne laisse aucune trace de gloire ni de civilisation, dont ils sont le contraire. La passion de l’argent peut aussi conduire au pire. Mais cette passion peut être utilisée pour faire entrer dans un jeu quelques moyens pour une fin escomptée.

      Le corbillard pourrait se métamorphoser en carrosse si par un heureux dénouement, la mission humanitaire parvenait à réussir. Par quel miracle ? Il n’y en a pas. Excepté une valise de billet de banques bien remplie. Qui peut aider à la négociation. Mais comme l’a dit Sarkozy, silence, l’affaire est périlleuse, autant sinon plus qu’un deal pour dix tonnes de coke. C’est une mission à la Pyrrhus maintenant qui se joue, diront les mécréants. Si elle réussit, le prix n’est pas tant la rançon versée qu’une image indûment gagnée par Sarkozy, faussant de ce fait le jeu politicien français. Un président accueillant Mme Betancourt sur le tarmac de Villacoublay ? Ce qui, au terme, nous ramène au ressort essentiel : français. Mission humanitaire, faut-il sauver Ingrid ou l’image de Sarkozy ? Diront les mécréants. Quoi qu’il en soit, les dés sont jetés et les dieux ont décidé s’il faut faire revenir un carrosse ou un corbillard. Les dieux du destin et du sens, rétribuant les humains selon leurs mérites et leur sincérité

      March 29

      Ingrid Betancourt : le double jeu de Nicolas Sarkozy

      COLOMBIE : C’EST LE DOUBLE JEU DE LA FRANCE QUI AURAIT PERMIS D’ASSASSINER RAUL REYES, NUMÉRO DEUX DES FARC

       

      Selon le président équatorien, Rafael Correa,le président de Colombie, Alvaro Uribe, aurait plusieurs fois fait échouer la libération des otages des FARC, en tentant de profiter de ces moments pour lancer des opérations militaires au mépris de la parole donnée.

      Selon la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, la France avait offert aux FARC un téléphone satellitaire pour conserver un contact permanent lors des négociations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Mais lors d’une opération conjointe franco-états-uno-colombienne, les services français ont utilisé cet appareil pour localiser le négociateur et numéro 2 de la guérilla, Raúl Reyes, la CIA a tiré un missile guidé, et les forces spéciales colombienne ont nettoyé le campement.

      Des victimes du leader neo-fasciste Mario Sandoval affirment l’avoir reconnu parmi les membres de la délégation officielle française chargée des négociations.

      Selon la Comisión Nacional sobre Desaparición de Personas (Conadep), organisme argentin chargé d’enquêter sur les crimes de la junte, M. Sandoval aurait été à la fin des années 70 professeur à l’école de police et aurait commis divers crimes (dossier d’instruction 1076/1163).

      Selon El Tiempo de Bogota, repris par de nombreux quotidiens latino-américains, Mario Sandoval prodiguerait désormais ses conseils à l’état-major militaire de l’Élysée. Cependant, selon un communiqué de l’ambassade de France à Bogota, M. Sandoval n’exerce aucune fonction officielle auprès de M. Sarkozy.

      ALVARO URIBE RECONNAIT LA MOITIÉ DE SON MENSONGE…

      Pas un mot sur le fait qu’Uribe avait affirmé que le cadavre exhibé était celui d’un dirigeant des FARC (alors qu’ils savaient que c’était faux). Pas un mot non plus sur les exécutions sommaires commises par les soldats colombiens, qui ont assassiné tous les blessés du camp…

      La Colombie a reconnu, dimanche 23 mars, avoir provoqué la mort d’un ressortissant équatorien lors du raid mené le 1er mars contre un groupe des FARC stationné en territoire équatorien. Le président équatorien, Rafael Correa, avait prévenu, la veille, que les tensions diplomatiques s’aggraveraient s’il se révélait qu’un ressortissant de son pays figurait parmi les victimes de l’attaque.

      Ce sont des membres de la famille de la victime qui avaient affirmé cette semaine que l’homme avait été tué dans le raid. M. Correa a alors ordonné une enquête, promettant que “ce crime ne resterait pas impuni”.
      “Il était équatorien”
      , a déclaré dimanche le ministre de la défense colombien, Juan Manuel Santos, à des journalistes, mettant fin aux rumeurs. Dans un communiqué, son ministère a émis l’hypothèse que l’homme était membre des FARC et qu’il aidait la guérilla à passer la frontière pour se réfugier en Equateur. “Je demande aux autorités équatoriennes de ne pas se laisser abuser par des criminels”, a déclaré M. Santos.

      L’Equateur a rompu ses liens diplomatiques avec Bogota après ce raid, qui a fait plus de vingt morts, dont le numéro deux des FARC, Raul Reyes. Le président colombien, Alvaro Uribe, a lui aussi diffusé un communiqué dimanche pour justifier l’attaque transfrontalière, nécessaire selon lui pour protéger son pays d’attaques “terroristes”.

      Bogota a par ailleurs reconnu avoir bénéficié d’informations émanant des services de renseignement américains pour mener cette attaque. “On n’a pas utilisé de bombes ‘intelligentes’ mais on a bénéficié de renseignements que les Etats-Unis nous ont fournis”, a indiqué un responsable du ministère de la défense colombien, qui a requis l’anonymat.

      ALVARO URIBE CONTINUE À MENTIR : Le cadavre exhibé comme celui d’un guérillero était celui d’un civil Equatorien

      Alvaro Uribe est un bon élève de ses mentors néo-cons U.S. : il ment déjà aussi bien qu’eux.

      Les autorités colombiennes affirment que le corps qu’elles ont emmené avec celui de Raúl Reyes était celui de Julián Conrado, membre du secrétariat des FARC.

      Après avoir appris que la personne côtoyant Raúl Reyes sur une photographie diffusée à la réunion de l’OEA et présentée comme le ministre Equatorien Gustavo Larrea était en réalité un dirigeant socialiste Argentin, on découvre aujourd’hui une nouvelle preuve des mensonges du gouvernement Colombien.

      Cela s’ajoute aux informations de témoins de l’attaque du campement des FARC qui affirment que les troupes colombiennes achevèrent les blessés en leur tirant le coup de grâce.

      L’Association Latino-américaine des Droits de l’Homme (Aldhu) assure ce vendredi que le cadavre que les forces colombiennes prétendent être celui du guérillero des FARC Julián Conrado extrait du territoire équatorien après l’attaque du 1er mars est en réalité celui d’un citoyen équatorien, Franklin Guillermo Aisalia Molina.

      L’ONG attribue l’identification de Aisalia Molina à des sources en provenance d’Interpol.

      Dans un bulletin de presse daté de ce vendredi à Quito, l’organisation assure que les forces militaires colombiennes et le gouvernement d’Álvaro Uribe ont falsifié l’identité du second cadavre présenté avec celui du numéro deux des FARC, Raúl Reyes, après l’attaque dans laquelle moururent au moins 24 personnes.

      “En effet, le cadavre exhibé par les autorités colombiennes comme appartenant à Julian Conrado, est en réalité celui d’un civil équatorien qui répond à l’identité de Franklin Guillermo Aisalia Molina”, a informé le secrétaire général de l’Aldhu, le Chilien Juan de Dios Parra.

      De plus, le secrétaire général de l’ONG a accusé le Gouvernement colombien d’avoir volé le cadavre du citoyen équatorien, pour falsifier son identité et le présenter comme un guérillero, dans le dessein de justifier la violation du territoire de l’Equateur, qui déclencha une crise régionale.

      “L’assassinat de Aisalia Molina, le vol de son cadavre, son exhibition publique et la confusion délibérée sur son identité, sont de nouveaux éléments qui aggravent les délits atroces commis par les autorités colombiennes dans le cadre du massacre du 1er mars”, souligna-t-il.

      La veille, le gouvernement d’Equateur avait annoncé qu’il réaliserait une enquête pour déterminer la véritable identité du corps que les autorités colombiennes ont présenté comme celui de Julián Conrado, idéologue des FARC.

      Le jeudi, lors de déclarations à TeleSUR, Juan de Dios Parra expliquait : “être certain que la version des autorités colombiennes par laquelle le cadavre exhibé appartient à Julián Conrado, alors qu’il s’agit d’un citoyen équatorien, nous met face à différents délits ; le premier est un assassinat au cours d’une action guerrière illégitime, et le second le vol du cadavre par ceux qui ont commis ce crime”.

      De son côté, aussi en exclusivité pour TeleSUR, l’ambassadeur équatorien à Bogotá, Francisco Suescum, a accusé les autorités militaires de Colombie de séquestrer des citoyens de son pays, de les tuer et de les “déguiser” pour les faire apparaître comme des guérilleros des FARC.

      “Des citoyens équatoriens ont été séquestrés et assassinés par les forces militaires ou paramilitaires du côté colombien, puis rendus ou déguisés comme si c’étaient des guérilleros, faisant croire à une réalité totalement fausse”, se plaignit-il.

      Les parents de Aisala Moreno, un serrurier de 38 ans disparu le 21 février dernier, avant l’attaque colombienne, ont reconnu le cadavre de leur fils à côté de celui du commandant des FARC Raúl Reyes sur des photographies diffusées par différents médias.

      Au cours du bombardement colombien en territoire équatorien, en plus de Franklin Aisalia, quatre étudiants mexicains furent assassinés, et trois personnes blessées, l’une aussi étudiante de nationalité mexicaine, et les deux autres des citoyennes colombiennes.

      March 10

      Le mensonge comme arme de destruction massive


      J’avais perçu le coup fourré dans le cadre des négociations autour d’Ingrid Bétancourt. Il faut dire que quand on connaît un peu la région et ce dont est capable cette crapule d’Uribe et jusqu’où peuvent aller les médias dans la désinformation quand j’avais vu EL PAIS attaquer Nicolas Sarkozy (voir l’article de EL PAIS... ) je m’étais dit “qu’est-ce qu’ils ont à lui reprocher ? ” et j’avais émis l’hypothèse que notre agité du bocal s’était, aux yeux des États-Unis et de leur chien Uribe, un peu trop engagé aux côtés de Chavez. Vous pouvez relire l’article tout y est...

      El Païs c’est comme Le Monde chez nous un radis un peu rosé à l’extérieur mais blanc de chez blanc à l’intérieur, tenu en laisse par les USA... Il appartient au groupe de communication PRISA qui rayonne en Amérique latine et singulièrement au Venezuela où ses titres sont dans une opposition virulente au président Chavez. Alors on donne dans l’humanisme de gôche mais c’est pour mieux mettre en pièce les ennemis du parrain étasunien ou simplement ceux qui tirent sur la laisse.

      Or notre compulsif médiatique président, tout occupé à faire le beau, toujours à la recherche d’une caméra capable de le prendre sous le meilleur angle jouait les zorros dans le sauvetage d’Ingrid Betancourt. Il s’était engagé dans des négociations qui effectivement devaient permettre la libération de Ingrid Bétancourt. Sans doute sans demander aux Etats-Unis s’ils étaient d’accord. Ceux-ci avaient d’autres projets, envisager une pacification de la région n’était pas dans leur plan de déstabilisation permanente. Un président français qui négociait avec les FARC, appuyait les efforts de Chavez en faveur de la paix allait a contrario de leur action.

      A ce moment là les forces yankees et assimilées se sont déchaînées et bizarrement on a vu la presse internationale et française partir à l’assaut de Sarkozy ” L’agence de presse Reuters s’est mis à le vomir, EL PaÏs lance des articles incroyables contre lui et pas n’importe qui, non, le directeur adjoint du journal... Et la presse française donne l’assaut, les maisons de sondage le font baisser à vue d’oeil, Lagarde le contredit publiquement, il est lâché par tous ses copains... Le dernier en date c’est hier Kouchner qui propose de quitter le gouvernement à cause de son épouse...”

      Et Uribe de son côté doit impérativement faire échouer l’opération d’où la scandaleuse intrusion sur le territoire équatorien et le massacre des guérilleros qui étaient là pour régler le problème de la Libération d’Ingrid Bétancourt.

      Cet après-midi, 4 mars 2008, le ministère des Affaires étrangères français a affirmé que les autorités colombiennes « étaient au courant » des contacts de la France, de l’Espagne et de la Suisse avec Raul Reyes dans le cadre des efforts pour libérer Ingrid Betancourt. De son côté, dans un communiqué, la guérilla a annoncé que Raul Reyes tentait d’organiser grâce à la médiation d’Hugo Chavez une réunion avec Nicolas Sarkozy au moment où il a été tué. Cette réunion « visait à rechercher des solutions pour parvenir à régler la situation d’Ingrid Betancourt », poursuit le communiqué. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait qualifié de « mauvaise nouvelle » la mort de Reyes, dans l’optique de la libération d’Ingrid Betancourt.

      Mais c’est mal connaitre Uribe qui est à peu près aussi tordu que son copain Bush, il n’aurait pas laissé faire... Maintenant ils mettent en place les grandes orgues de la diffamation : les FARC seraient en train de fabriquer des armes de destruction massive avec l’argent de Chavez... Ca ne vous rappelle rien ! ! ! Mais si voyons l’irak en 2003...

      Bush a un comportement névrotique, il répète partout et toujours le même scénario, si ce n’est lui c’est la CIA qui manque d’imagination... Au Moyen orient est installé son allié Israël toujours prêt à envahir un voisin, larguer une bombe, massacrer quelques individus désarmés sous prétexte de garantir sa sécurité. Et voici que les États-Unis opèrent avec la Colombie le même scénario : un gouvernement voyou, un danger international qui ne respecte aucune frontière sous le fallacieux prétexte que sa sécurité serait en jeu.

      Il peut compter sur une presse que les États-Unis et ses alliés européens contrôlent à travers les propriétaire, les grands annonceurs, les agences de presse à 90% ... Nous avons vraiment une situation très dangereuse où une puissance militaire sans équivalent prétend par la calomnie contrôler les esprits.

      Je crois qu’il faut bien mesurer à travers cette histoire à quel point nous sommes soumis à une propagande digne de celle de Goebbels. Bientôt il faudra tout lire comme le recommandait le Che : « Juger de la pureté révolutionnaire au mal que les médias disent de quelqu’un. »

      March 05

      L’explosive correspondance de l’ancien numéro 2 des FARC

      Le n° 2 des Farc, tué samedi, voulait rencontrer Sarkozy pour évoquer le cas Betancourt

      (photo Reuters)Raúl Reyes 1 Raúl Reyes 2


      Raúl Reyes 3 Raúl Reyes 4 Raúl Reyes 5 Raúl Reyes 6 Raúl Reyes 7 Raúl Reyes 8

      Selon les Farc, le numéro 2 de la guérilla, tué samedi par l' armée Colombienne, cherchait à rencontrer le président de la République, afin de négocier la libération d'Ingrid Betancourt.

      Dans un communiqué publié aujourd'hui, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) affirment que Raul Reyes, leur numéro 2 et porte-parole, abattu samedi par les troupes gouvernementales, tentait de mettre sur pied une réunion avec le président français, Nicolas Sarkozy. C'est la raison pour laquelle Reyes se serait trouvé en Équateur.Ces déclarations de la guérilla semblent corroborer les propos, cette nuit, du président équatorien. Rafael Correa affirmait que Raul Reyes était en train de négocier la libération de onze otages, dont Ingrid Betancourt, la Franco-Colombienne détenue depuis six ans par les Farc. Ingrid Betancourt, sénatrice écologiste, avait été enlevée le 23 février 2002, dans le sud de la Colombie, alors qu'elle faisait campagne pour l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy a fait de sa libération une priorité.Bruits de bottesLa mort de Raul Reyes provoque une grave crise diplomatique entre la Colombie et ses voisins.Pour le tuer, l' armée colombienne a bombardé le territoire équatorien et monté une opération héliportée afin de récupérer les cadavres de plusieurs guérilleros. Ce raid aurait fait 16 morts.Accusé par le président colombien Alvaro Uribe, un conservateur proche de Washington, de soutenir la guérilla des Farc, le président altermondialiste de l'Equateur, Rafael Correa, a rompu les relations diplomatiques avec la Colombie. Il se dit prêt à aller jusqu'aux "extrêmes conséquences".La tension est également très forte avec le Venezuela.La Colombie accuse le président socialiste du Venezuela, Hugo Chavez, de financer la guérilla des Farc. Bogota affirme avoir récupéré des documents compromettants pour Chavez sur des ordinateurs appartenant à Raul Reyes. Les autorités colombiennes ne les ont cependant pas publiés.Le président colombien Alvaro Uribe annonce qu'il va poursuivre Hugo Chavez devant la Cour pénale internationale pour complicité de "génocide".Hugo Chavez, de son côté, a traité le président colombien de "criminel" et  annoncé l'envoi de plusieurs milliers d'hommes sur la frontière avec la Colombie, qui est fermée.George Bush a apporté son soutien à la Colombie, tandis que l'Union européenne demande aux trois pays d'éviter l'escalade.

       

      Ingrid Betancourt aurait pu être libérée

      Le président équatorien Rafael Correa a affirmé dans une intervention télévisée que l' attaque colombienne contre le camp en Equateur où le numéro deux des Farc Raul Reyes a été tué, avait empêché la libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages.

      "Je regrette de vous annoncer que les conversations étaient assez avancées pour libérer en Equateur 11 otages, dont Ingrid Betancourt", a affirmé le dirigeant Rafael Correa dans un message à la nation. "Tout a été compromis par des mains guerrières et autoritaires. Nous ne pouvons écarter que cela ait été une des motivations de l'incursion (ndlr: colombienne) et de l'attaque de la part des ennemis de la paix", a-t-il ajouté.
      De son côté, le ministre de l'Intérieur équatorien Gustavo Larrea a précisé que ces libérations des 11 otages n'avaient "pas de contrepartie" et devaient intervenir en mars. "Nous n'avons pas négocié avec les Farc autre chose que la libération d'Ingrid Betancourt", a-t-il affirmé, répondant aux accusations de complicité avec la guérilla formulées lundi par Bogota.
      Auparavant à Caracas, le ministre vénézuélien de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin avait pour sa part annoncé qu'Ingrid Betancourt aurait pu "plusieurs fois" être libérée...

      Etats-Unis Depuis lundi, les Etats-Unis sont entrés dans la danse. Un haut responsable du ministère colombien de la Défense a ainsi révélé que le raid avait été déclenché à la suite d'une information des renseignements américains. «Les Etats-Unis ont fourni l'identification du téléphone satellitaire» de Raul Reyes, permettant à l'armée colombienne de le localiser.

       

      generales_imgarticulo_t1_41475_20061129_111949.jpgL’attaque de la part de l’armée colombienne en territoire équatorien qui termina avec la vie de Raul Reyes, membre du secrétariat de FARC a créé une série d’incidents qui petit à petit sont susceptible de rendre la situation grave. L’opération a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi et s’est fait sans l’accord du gouvernement équatorien. Ensuite Uribe a appelé Correa pour lui signaler que lors d’un combat les militaire colombien avait du passer quelque peu la frontière et avait finalement réussit à abattre Reyes.

      L’explication d’Uribe n’a au départ pas trop posé de problème. La crise a débuter lorsque que Correa s’est rendu compte qu’Uribe lui avait totalement menti. Que ce n’était pas du tout une action de défense sinon une attaque bien préparée et que l’armée colombienne avait complètement violé la souveraineté de l’Equateur, entrant à plus de 10 km dans ses frontière.

      Le fait le plus grave n’est pas forcément la violation de l’espace aérien, ce n’est pas la première fois que cela arrive et même si cela crée quelques tensions ce n’est jamais grave, le problèeme c’est le gros mensonge du président à un autre président. C’est du foutage de gueule en direct ou comment prendre les autre pour des cons! Forcément Correa n’accepte pas les plate excuse du gouvernement colombien, ce qui est bien normal. Il rompt donc les relations diplomatiques, n’importe quel autre pays aurait fait la même chose.

      Dans un même temps, Chavez, non trop content d’avoir un copain qu’il peut utiliser pour ses fins personnels fait la même chose, et monte d’un cran. Il envoie 10 bataillons à la frontière. Ce qui en soit ne fait pas vraiment peur à la Colombie, depuis 3 mois Chavez saute partout et insulte Uribe, mais la dépendance économique entre les 2 pays est tellement forte qu’une guerre parait totalement absurde.Chavez, Morales, Correa et uribe

      Et là le gouvernement colombien ne trouve rien de plus malin que de faire monter la tension. Il commence à accuser le gouvernement de Correa d’avoir des relations avec les FARC. L’annonce faite par le chef de la police se fait une heure après le discours de Correa refusant les excuses de la Colombie. C’est exactement le type de thème qui sont secret et qui se parle entre diplomate pour éviter toute tension et avoir des explication… Non, Uribe attaque. Correa est un terroriste. (à ce rythme il n’y a bientôt plus que Bush qui ne va pas être un terroriste).

      Correa annonce qu’il envoie des troupes à la frontière… Le problème est qu’autant Chavez peut passer pour un excentrique fou aux yeux de la communauté internationale autant Correa est un président tout à fait respecté. C’est un économiste considéré comme brillant (il a un doctorat au US) et c’est un président tout à fait légitime. Il est donc normal que le Chili, l’Italie, l’Argentine etc. demande des explications au gouvernement colombien.

      L’attaque du gouvernement d’Uribe contre Correa est la 3e erreur en 24h. Je ne sais pas si Uribe prend les décision tout seul ou s’il est accompagné mais si c’est le cas ses assesseurs ne doivent pas être autre chose que des militaires…

      Mais surtout on ne change pas une méthode qui ne fonctionne pas, il faut être sûr qu’elle ne fonctionne pas, alors le gouvernement colombien récidive et il accuse Chavez de financer les FARC. Ça chauffe encore un peu plus et le Venezuela expulse l’ambassadeur colombien. Maintenant tout le monde est prêt pour attaquer les deux voisins. Super, on est tous content.

      La question des relations avec les FARC est un peu plus délicate que simplement un soutient à une bande terroriste. Il est peut être bien de rappeler quelque faits. Effectivement les FARC emploient des méthodes terroristes, ils attaquent les civils (bien que la majorité de leurs attaques soit contre des organisme de l’Etat et donc pas des actes terroristes), séquestrent des civils. Ce sont des monstres sanguinaires qui croient que la fins justifie les moyens et qui vivent dans un autre siècle. Mais n’oublions pas non plus qu’il y a à peine 7 ans le gouvernement colombien considérait les FARC comme une force politique armée, qu’il a permis et encourager ce même Reyes à aller faire des conférences en Europe etc. Les FARC ont même eu des ambassade au Mexique et dans un pays scandinave. Pour ces raisons nier que leur création s’est faite pour des raison politiques est une erreur stratégique, ceci n’empêche évidemment pas de condamner leurs actions.

      On prétend maintenant que d’un jour à l’autre tous les pays du monde comprennent le changement radical du gouvernement colombien. Ce changement est compréhensible et juste de la part du gouvernement colombien, simplement il est normal que plusieurs pays continuent à avoir des relations avec les FARC, surtout les pays voisins qui ont aussi besoin de garantir le fait que le conflit ne débordera pas chez eux.

      Rappelons nous aussi que Chirac a négocié en secret avec les FARC pour obtenir la libération d’Ingrid Bétancourt en 2005. Une opération qui fut un échec complet (juillet 2005) . La France est donc aussi un pays terroriste. Les USA ne serait-ils pas aussi en train de négocier la libération de leurs 3 mercenaires?

      Pour finir et revenir à nos moutons, ce ne sont plus des coqs car ils sont trois, et en étant un peu réaliste on peut se demander pourquoi il y aurait un intérêt à faire une guerre alors que les 3 pays sont totalement interdépendant économiquement. Militairement la Colombie est largement supérieur au deux autres, de plus il est fort probable que les US les soutiennent contre Chavez, probablement pas en envoyant de militaire sur le terrain mais à travers par exemple d’entreprise privée type Blackwater (qui a besoin de se refaire une image après les évènement d’Irak de septembre 2007 … où ils ont tuer 17 civil pour rien).

      chavez-25-janvier.jpgC’est surement pour cette raison que la Colombie se permet de telle provocation, simplement Chavez peut vouloir une guerre pour sauver son honneur et s’il arrive à compter sur l’appui de l’Équateur et bien sûr des FARC il arrivera tout de même à faire quelques dégâts … surement pas jusqu’à Bogotá et c’est aussi surement pour ça que le gouvernement s’en fout. De plus Chavez peut peut-être espérer sauver sa place au pouvoir grâce à un conflit et une bonne dose de nationalisme. Par contre l’Equateur à tout à perdre, mais l’honneur peut jouer un grand rôle et la population équatorienne à l’air de suivre son président. En essayant d’être aussi con que les assesseurs d’Uribe on peut penser que le gouvernement colombien peut voir un intérêt un intérêt à ce conflit pour pouvoir en finir avec tous ces terroristes. Avec un conflit ouvert les militaires colombien pourrait bombarder toutes les frontières et ainsi espérer tuer tous les membres des FARC… (en même temps que la moitié de la forêt amazonienne).


      La mort du porte-parole international de la guérilla colombienne, tué dans la nuit de vendredi à samedi, a permis d’en apprendre sur les relations houleuses d’Ingrid Betancourt, otage depuis six ans, avec ses ravisseurs. Avec le corps de Raúl Reyes, un des sept membres de la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), abattu dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’une incursion en Equateur, l’armée colombienne a saisi et rapatrié deux ordinateurs et des documents, que les autorités colombiennes ont commencé à rendre publics dimanche soir.

      Dans sa dernière missive, adressée à ses collègues du secrétariat des Farc, Raúl Reyes s’inquiétait vendredi de «la pression croissante sur Ingrid Betancourt» : l’un des anciens parlementaires libérés mercredi, Luis Eladio Pérez, venait de révéler que les guérilleros «s’acharnent sur elle».

      «Que je sache, cette dame a un tempérament volcanique, elle est grossière et provocatrice avec les guérilleros chargés de s’en occuper», se défend le porte-parole. «En prévision des plaintes de l’émissaire français [l’ex-consul à Bogotá Noël Saez, ndlr], je dois l’informer de cette situation.» Quelques heures plus tard, il tombait sous les bombes et les balles de l’armée. Le reste de sa correspondance, s’il est authentifié, est explosif : les lettres rendent compte d’entrevues avec le ministre de la Sécurité équatorien, Gustavo Larrea, un des proches du président Rafael Correa. Ils auraient envisagé «l’échange d’informations pour le contrôle de la délinquance» dans la zone de frontière. Larrea, conscient qu’Uribe, pion de la «Maison Blanche et de l’oligarchie», est «dangereux pour la région», aurait aussi demandé à Raúl Reyes des «cours d’organisation de masse» pour la population locale.

      «Quel est l’état de la relation entre le gouvernement équatorien et un groupe terroriste comme les Farc ?» a réagi le directeur de la police colombienne, Oscar Naranjo. La révélation survenait au meilleur moment pour Bogotá. A Quito, le président socialiste Rafael Correa avait dénoncé samedi une violation «délibérée de la souveraineté équatorienne», puis annoncé l’envoi de troupes à la frontière avant d’expulser, dimanche soir, l’ambassadeur de Colombie. Le même jour, le puissant allié «révolutionnaire» de Correa, le Vénézuélien Hugo Chávez, ordonnait la fermeture de son ambassade, et demandait en direct l’envoi de «dix bataillons de chars» pour prévenir toute incursion du même genre. «Ne t’avise pas de venir faire ça chez nous», a-t-il prévenu son homologue colombien Alvaro Uribe.

       

       

       

      BREFFFFFFF Je n' en reste pas là la vraie vérité je vais la trouver, mais la CIA est bien dans le coup

      Donc à Suivre................

      December 17

      Sa lettre !

       

      « C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités.
      Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.
      Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.
      Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus(…).
      Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.
      J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.
      Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.
      Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.
      Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].
      Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau. Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).
      J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.
      A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette. (...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.
      A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.
      La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).
      A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne sont que des formalités.
      (…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuie, sur ses épaules, je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)
      A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.
      Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.
      En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.
      Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].
      Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes]. Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.
      Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts. (...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.
      Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).
      Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais